Une alarme a sonné et j’ai convoqué
Un souvenir d’enfance
Sur le pas de la porte lieutenant belliqueux cherche opposant à toute heure : j’invoque des jeux, des occupations d’enfants, un peu de naïveté teintée d’imprudence
Le moment a passé
La menace ne pèse plus
Pourtant souvent il me faut revenir à l’instant merveilleux avec un regard triste
Les yeux en mirador je scrute ma mémoire
Ce n’est pas que je cherche les faux pas incendiaires blessures involontaires c’est qu’ils se trouvent toujours sur mon chemin
Des ronces ont essaimé où mon âme était douce
C’est lent
C’est l’érosion de la mer sur les roches
C’est la montagne plissée la roche ensevelie
C’est tout petit déjà des désirs qu’on enferme une parole tue des gestes empêchés ou le souffle coupé
Je suis resté désemparé parmi les restes inertes de ces branches râpeuses élaguées avant l’heure
La route s’est dégagée
Sans arbre les bas côtés s’effritent alors j’ai embrassé l’éboulis
J’ai choisi la dérive.
Avril 2024