Feux Doubs !
Persistance
Categories: Céline

Revenue de l’étang au bord duquel la journée paresse
Il m’est impossible de comprendre ta douleur
Car je n’ai jamais cru en ma mort
Malgré les photos de chagrin malgré les heures docilement étirées

Tu prêtes mon visage à un fantasme sans couleur
Lisse et peureux
Tu vêts tes pensées de ma mélodie
À fouler carcasse ma peine est intouchable

Car je n’ai jamais cru en ma fin
Le petit pont de pierre porte un fantôme
Qui n’est pas le mien
Une pelure d’écailles, à ranger sous la terre

Quelque chose rouge tache le bout du doigt
Je l’ai sur le bout de la langue
Garde-le au fond de ton envie
Une aile d’insecte

Presque invisible
Car je n’ai jamais cru
Qu’à ma mâchoire obstinée
Serrée contre le vent

Le soleil lustre les poissons
Fleurant l’Ognon
Le regard penché
D’éclats violets deux billes aveugles 

Découle le voile
Arrivée comme tirée d’un doute
Il m’est impossible de comprendre ta douleur
Sans me renier

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