TW : violences en HP (dont sanisme, TCA, validisme, maltraitances psy et phy, atteinte à la dignité humaine, contention, médication sans consentement,…)
J’ai entendu mais aussi lu des témoignages,
Ayant provoqué des brutaux ravages,
Aux personnes psychiatrisées,
Lors de leurs séjours en HP.
Les infirmiers ont une inébranlable dévotion,
Pour les piqûres injustifiées,
L’usage massif de médocs dont les conséquences sont de shooter,
Les salles d’isolement et les sangles de contention.
Mais les infirmiers n’ont le temps de rien,
Ni d’être à l’écoute ni d’être humain,
Oubliant leur empathie la douceur, au profit de la douleur,
Envers les usagers enfermés, violentés, plongés dans la torpeur,
Dont les multiples appels à l’aide et de détresse sont sciemment ignorés.
Les « sachants » ont de l’amnésie sur les verbe croire, soutenir, aider.
Cela n’est qu’un fragment de l’iceberg…
Les troubles et crises ne sont pas prises au sérieux,
Rien ne semble être fait pour que les patients aillent mieux :
Une personne boulimique à qui l’ont dit qu’elle mange trop ;
Une anorexique à qui l’ont dit « t’as qu’à aller chez MacDo » ;
« Tu pleures encore pour ça » balayant d’un revers sévère,
L’état de stress post-traumatique usant le mental et les nerfs ;
Alors que les patients se confient aux soignants, eux se marrent ;
« Personne n’aimera tes cicatrices plus tard » ;
« T’auras des idées noires à vie faut que tu t’y fasses » ;
Tellement de paroles ignobles laissant à jamais des traces.
Cela n’est qu’un bout de l’iceberg…
Devoir quémander l’autorisation pour se rendre aux sanitaires ;
Se voir retirer pendant les menstrues la culotte et tout déverser parterre ;
Ne pas recevoir de réponse en isolement malgré toutes les caméras,
Et finir par uriner sur le sol comme un animal, comme un paria.
Les enfermements et les sangles pouvant se compter en heures,
Mais pour certains témoignages en semaines ou en mois, quelle horreur !
Comment ne pas ressortir davantage en miettes qu’en étant entré là-bas ?
Chaque parole lue, chaque parole écrite, chaque parole rapportée me glacera.
Cela n’est qu’une molécule de l’iceberg…
Les médicaments ne servent pas à réguler les émotions,
Mais à tranquilliser les patients par des doses phénoménales,
Croissant malgré leur inefficacité sans jamais débuter par la dose minimale.
Les rendez-vous psychiatriques servent désormais à faire culpabiliser des addictions,
A relativiser cruellement la violence par « ça reste votre père » ou « des gens ont vécu pire ».
L’enfermement et l’immobilisation ne devant pourtant être pratiqués qu’en cas exceptionnels,
Ne sont que des punitions, des humiliations, des corrections pour dévitaliser le patient comme un vampire.
Les soignants se permettent tout car ils savent qu’ils le peuvent, impunément, avec une facilité démentielle.
Je n’ai fait qu’effleurer l’iceberg…
La notion du temps n’est plus qu’un concept désuet dans ce milieu carcéral.
Certains préfèrent mentir sur leur état pour sortir, d’autres s’évadent et partent en cavale.
Salle close dans un pyjama bleu fait de papier ; au moindre mouvement l’on voit ton trou de balle :
C’est pour paraît-il protéger le patient de lui-même, mais cette pratique se fait à outrance.
Concernant les usagers agressés, violés ? Inversion de culpabilité bourreau-victime sera la pénitence.
Témoignage de confiscation d’un appareil respiratoire dont l’issu manqua d’être fatale.
Plus de livre, de téléphone, de brosse à dents, de lunettes, adieu distractions,
Hormis celles de se nourrir, se laver, et souffrir en fixant durant des heures le plafond.
Le malaise me prend en parcourant la surface de l’iceberg.
Tu apprends même que durant la pandémie du covid ayant terrassé tellement de gens,
Les patients psy étaient non-prioritaires pour la réanimation et les soins contre le virus,
Et qu’ils demeuraient reclus, sans masque, sans contact avec d’autres êtres vivants,
Comme s’ils ne méritaient rien d’autre que d’être invisibles, supplémentaire malus.
Et quand les contacts et discussions pouvaient se faire de nouveau contre le quotidien rance,
On pouvait leur reprocher de trop rigoler, les séparer pour leur vociférer « c’est pas une colonie de vacances ».
Mon dieu, à quel point est immergé cet iceberg ?
Tu fais une crise ? On te plaque au sol. Tu es pris par l’angoisse ? C’est la camisole.
Tu ne parviens pas à te lever de ton lit ? Trois soignants te frappent et te poussent.
L’angoisse te dévore, tu convulses ? On t’enfonce un anxio dans la gorge alors que tu es sur le sol,
Avant de te laisser dans un coin car personne n’a le temps pour ta dignité ni tes secousses.
Tu n’as rien fait de particulier, tu viens juste d’arriver ? Du Loxapac t’empêche de rester bien éveillé,
Puis subir moqueries, réflexions, si dans ton lourd sommeil, sur toi tu t’es pissé,
Mais ensuite de cet état de loque sans volonté, s’endormant partout sans maitrise,
On t’engueule sans retenue, sans soupçonner du mélange de cachetons une traitrise.
Imaginez ce que l’on ignore… encore… de cet iceberg…