Monter sur le trottoir la camionnette en promontoire pousser tirer et sans lumière se propulser comme on opère une saisie je suis visiteur matinal au fond des cours et sur les dalles je croise parfois les mines défaites des mecs en lendemain de fête des ivrognes des tardifs quand moi je desserts déjà les récifs au pied les vagues de tramways de livreurs de policiers les lueurs matinales accueillent nos manies – nos luttes aussi quand dès l’aurore les lycéens ont pris de l’avance bloquent envahissent un centre ville encore muet – j’avance dans l’odeur de la mie pas cuite quand déjà le sommeil prend la fuite.
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Ça forme un chemin de cailloux comme ceux qui crissent sous les roues tintement harcèlement de picotements sous la peau quelque part entre deux os ça tire ça tire quand tu soulèves les caisses mais pas de grève ça crie tout bas près des artères le long des côtes en bandoulière c’est le poignet le coude genoux on se plie on pousse on est debout on porte on traîne on assassine parfois on manque d’hémoglobine sang circule plus arqué tendu on exhume des muscles inconnus en haut du chemin poids d’enclume la douleur fait perdre des plumes.
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C’est le lieu des hommes petits tout petits courts sur pattes un peu ventrus dodus ou tout fins secs ratiboisés aux encoignures barbus mal rasés ou bien de près en écharpes en shorts on est de toutes les tenues accroupis assis debout derrière l’étal les tables ou les comptoirs des camions hybrides ça s’écharpe ça se lunette ça se bonnet de laine noire ça se casquette gapette moi la capuche en couvre-chef c’est encore l’hiver matin petits hommes dans le froid on grelotte grignote ça rigole café en main ça articule idées menues coincées cassées hommes petits pas philosophes chaque jour je me prépare aux catastrophes des idées sombres surgies des cerveaux cramoisis de routines ambulantes.
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A l’abri – sûreté de bâches noires – ce n’est pas tant le pain que je protège – je garde intact l’espoir d’un jour sans soleil pour toutes les fois où…trop près, trop soudain, arrivant derrière moi – le dos en sursaut de bruits qui s’amoncellent – ici je ne crains rien – pas de voix qui m’agrippent la nuque – pas de pas délictueux entre les nappes roses.
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Le sourire grand – colorée – yeux grands ouverts et grandes les mains, des petits besoins des envies sympathiques. Grande elle passe assurée regard sec cheveux bouclés un masque qui traîne au menton l’hésitation est palpable derrière son visage fermé. Il est arqué menu dans sa vieillesse s’accroche à un bras bienvenu tend la monnaie tout est convenu. Elle sourit déjà loin plus près encore elle a un mot pour l’effort des mains noueuses de travailleuse au repos les rides nombreuses et surtout autour des yeux. Il arrive avec son cabas la voix dure il parle bas il porte casquette écharpe – que portera-t-il aux beaux jours ?
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A peine arrivé, course terminée, on sillonne sans embûche pourtant embuscade d’incendies qui propagent des nouvelles en feux de paille, feux de bois, peut-être, un autre mardi – d’ailleurs la poste est fermée aujourd’hui pas de colis il faudra repasser – on n’a toujours pas permis on passe quand même et sans détours parfois la borne s’abaisse, parfois pas, le jour est long au volant seul conducteur, agréable quand même cette route en campagne sous un ciel de vacances, pourtant on dodeline d’esquinte.
Notes de travail en boulangerie. Mars-Juin 2023