Revenue de l’étang au bord duquel la journée paresse
Il m’est impossible de comprendre ta douleur
Car je n’ai jamais cru en ma mort
Malgré les photos de chagrin malgré les heures docilement étirées
Tu prêtes mon visage à un fantasme sans couleur
Lisse et peureux
Tu vêts tes pensées de ma mélodie
À fouler carcasse ma peine est intouchable
Car je n’ai jamais cru en ma fin
Le petit pont de pierre porte un fantôme
Qui n’est pas le mien
Une pelure d’écailles, à ranger sous la terre
Quelque chose rouge tache le bout du doigt
Je l’ai sur le bout de la langue
Garde-le au fond de ton envie
Une aile d’insecte
Presque invisible
Car je n’ai jamais cru
Qu’à ma mâchoire obstinée
Serrée contre le vent
Le soleil lustre les poissons
Fleurant l’Ognon
Le regard penché
D’éclats violets deux billes aveugles
Découle le voile
Arrivée comme tirée d’un doute
Il m’est impossible de comprendre ta douleur
Sans me renier